Histoire d’un petit rien, Renaud Lachamp

Histoire d’un petit rien, Renaud Lachamp

Histoire d’un petit rien, Renaud Lachamp – Trouble Bibliomane

Avec un léger retard, voici ma dernière lecture de novembre. Histoire d’un petit rien de Renaud Lachamp est un court ouvrage Librinova que l’auteur m’a gentiment fait parvenir. On peut l’assimiler à un conte pour adulte, ou une « fable » d’après la quatrième de couverture.

Histoire d’un petit rien conte les pérégrinations en Suisse et en France de Petit Nounours, un ours nain ou un ourson en peluche, on ne le sait pas vraiment tant il semble hybride. Il est capable d’avoir une conscience humaine, se poser des questions philosophiques, et connaître le sentiment d’amitié. Invisible aux yeux des Hommes, touché par la cruauté et l’égoïsme du monde, il rencontre un jour Maxime qui changera bien des choses dans la vision que Petit Nounours à des humains et peut-être même faire battre son cœur pour de bon.

« Nul ne saura jamais ni où ni comment Petit Nounours fut conçu. Dans la stratosphère, où préside la Grande Ourse, divinité tutélaire des ursidés ? (À l’appui de cette thèse, des bancs de semence furent détectés près du lieu de vie du petit ours. Les jours précédant son arrivée, des particules obscurcissaient légèrement d’un voile jaune et sableux son champ d’accueil, et la veille, on assista à leur concentration en une colonne vibrionnante.) Ou fut-il plutôt le fruit des amours d’un couple réfractaire de plantigrades sillonnant jadis les Alpes ? »

Incipit

Si le livre touche de nombreux questionnements, j’ai rapidement constaté que la condition des animaux était un sujet cher à l’auteur. Il n’en est pas moins pour moi. Malheureusement, j’ai eu beaucoup de mal à terminer ce conte. J’ai apprécié la singularité du personnage de Petit Nounours (ce n’est définitivement pas tous les jours que l’on rencontre un personnage comme celui-ci dans un livre), mais ça n’a pas suffit à stimuler ma curiosité et mes émotions. J’ai trouvé l’écriture extrêmement lourde, la fluidité manquait cruellement à cette intrigue qui semble pourtant intéressante.

Je suis de celles qui apprécient particulièrement le jeu des genres littéraires, leur mélange et leur modernisation, mais cela doit se faire correctement. Ici, j’ai la sensation d’avoir assisté à un désordre des genres sans que cela soit original car on manque de construction et d’organisation dans l’espace narratif. La superposition de mots complexes quant à elle donne l’impression non pas de culture linguistique comme j’ai pu le lire dans d’autres chroniques, mais de pédantisme.

L’ouvrage gravite au centre de questionnements existentiels importants, cela méritait plus de simplicité afin de les mettre en valeur. Le style alambiqué a été un frein pour moi aux idées que le conte voulait mettre en lumière et c’est dommage. Ce qui est surprenant, ce sont les fautes d’orthographe et les mots oubliés lors de l’impression car cela contraste totalement avec cette écriture qui se veut soutenue à outrance. Je suis déçue d’être passée à coté de ce conte tant l’intrigue proposée au départ me tentait.

9 réflexions sur “Histoire d’un petit rien, Renaud Lachamp

  1. Je ne comprends vraiment pas votre réaction (assez intellectualisante, bizarrement), et le moins qu’on puisse dire, c’est que je ne suis pas d’accord! L’écriture est limpide, et, oui, « soutenue » c’est-à dire en excellent français, claire et très imagée… L’intrigue est tout à fait construite, surprenante et amusante, les personnages profonds et attachants. Peu importe le genre, ou son absence de genre(ce n’est pas un choix calculé)! Je vous invite à découvrir ce livre rare.

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  2. Je respecte que vous ne le compreniez pas, et grand bien vous fasse si ce livre a été une belle découverte pour vous ! C’est tout ce que je souhaite aux personnes qui aiment la littérature sous toutes ses formes. En revanche, aucun livre n’est aimé de tout le monde car fort heureusement, les goûts de l’être humain divergent. Pour ma part, j’ai été déçue comme j’ai pu l’être par le passé pour d’autres livres. Etant à la fois journaliste et blogueuse littéraire, mon but est avant tout de donner mon avis qu’il soit bon ou mauvais. Et cela il faut l’accepter, ou ne pas envoyer son livre aux blogueurs littéraires 🙂

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  3. C’est vraiment dommage que vous ne l’ayez pas apprécié ! Personnellement c’est un réel coup de coeur ! Loin d’être pédant il s’agit juste de notre belle langue française et surtout de la poésie des mots ! Ce petit ours m’a touchée en plein cœur. Et je chérie cet ouvrage qui a pleinement sa place dans ma bibliothèque. Amoureuse des mots je l’ai donc pour ma part trouvé fluide et très agréable. Le nombre de mot que je ne connaissais pas ? 2. Et ce fut un plaisir de parfaire mes connaissances. Chacun ses goûts me direz vous? Certes mais le terme de pédantisme reste choquant et sévère pour ma part. Dommage.

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    1. Oui, chacun ses goûts. Mais vous savez, je trouve que Nietzsche est pédant aussi, certains me diront que non, d’autres approuveront totalement. C’est comme ça, la littérature c’est avant tout une question de subjectivité ! Il faut savoir l’accepter 🙂

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  4. J’ai eu l’occasion de lire ce livre dans la bibliothèque d’une copine blogueuse. Je te rejoins assez sur l’écriture lourde, j’ai pas pu terminer le livre. Par contre j’aimais bien l’ours, il me faisait penser à mon petit frère un peu dans la façon de penser ^^

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