Kamik, Markoosie Patsauq

Kamik, Markoosie Patsauq

Kamik, Markoosie Patsauq – Trouble Bibliomane

Cette semaine, je chronique un livre fraichement paru aux éditions Dépaysage qui n’est d’autre que Kamik de Markoosie Patsauq. Un classique de la littérature autochtone nord-américaine.

Kamik est un jeune Inuit du Canada. Un soir, le silence nocturne est brisé par l’arrivée d’un ours blanc tentant de tuer les chiens sur le campement. Comportement anormal sûrement lié à des vers dans l’organisme de l’animal. Un coup de harpon dans la patte et ce dernier s’enfuit, mais il faut le retrouver et le tuer avant qu’il ne contamine d’autres ours et mette en péril la vie de tout le campement familial. Face aux conseils de son père, Kamik et d’autres chasseurs se préparent à une traque sans merci pour sauver les leurs.

« Malgré la fatigue, les hommes marchent sans relâche. Il fait froid, mais ils commencent à avoir très chaud. Kamik ferme la marche. Il a si chaud qu’il prend de la neige dans sa main et l’étale sur son visage. « La neige est ce qui fait le moins défaut sur ce territoire », se dit Kamik. « Il y en a partout ». »

Lire Markoosie Patsauq, c’est entrevoir une existence que l’on ne vivra jamais et dont la rudesse est aussi présente que l’intensité des traditions. J’ai totalement adhéré à l’histoire de ce jeune chasseur voulant marcher dans les pas de son père, se sentir digne des siens et aller outre sa peur de l’ours blanc. On assiste à une initiation à l’âge adulte, une mise en valeur des liens familiaux, leur beauté, mais aussi et tout simplement une scène de vie inuite, vestige d’un temps où les iglous étaient encore chose commune.

C’est une écriture simple, sans fioritures, et cette édition est directement traduite de l’inuktitut et non d’une traduction anglaise de l’œuvre. Une façon évidente de garder le détail stylistique et le naturel de Patsauq. L’écrivain l’a mentionné d’ailleurs lui-même : les mots du Sud et ceux du Nord sont bien différents. Tout au long du roman, nous vivons le suspense du dénouement avec Kamik, il nous tient en haleine, et avec angoisse nous tournons parfois les pages à la rencontre de l’ours blanc. J’ai trouvé au texte une dimension presque théâtrale tant l’intensité du tragique émanait de ces immensités immaculées.

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