Belladone, Hervé Bougel

Belladone, Hervé Bougel

Belladone, Hervé Bougel – Trouble Bibliomane

La rentrée littéraire se poursuit avec Belladone, le roman noir d’Hervé Bougel publié aux éditions Buchet Chastel. La chronique de l’enfance décousue.

Fin des années 60, la petite ville de Voiron abrite son lot de HLM. Un petit garçon y observe sa famille et leurs problématiques. Son père est alcoolique et avale des boîtes entières de Belladone, sa mère est peu aimante et froide, son frère aîné est violent et pervers, quant à sa petite sœur, le mutisme est devenu son maître-mot. Cet univers est étouffant, comment grandir dignement dans cette spirale destructrice ?

« J’ai tenté de me battre contre le sommeil. J’ai toujours peur d’aller me coucher. Les nuits sont brutales, les nuits sont pleines de cris. Les nuits sont noyées de mensonges. Les nuits sont envahies de fantômes fragiles. Les nuits sont sans issues. »

J’ai été intriguée par ce roman assez rapidement. Premièrement car le sujet m’intéresse, et deuxièmement car j’apprécie particulièrement les intrigues qui se passent dans les années 60. J’éprouve pour ces années-là l’étrange nostalgie d’une époque jamais vécue. Particulièrement quand cela se passe l’été. Ici, ce fût immédiat. Très psychologique, ce roman fait évoluer le narrateur dans un milieu malsain où il est impossible de se référer à un modèle parental ou fraternel pour grandir. Sa solitude est omniprésente malgré ses quelques copains. Incapable de se lâcher réellement et très nerveux, ses pensées fusent autour de sempiternelles questionnements sur la mort.

Existence miroir de l’auteur, c’est avec beaucoup de justesse que les deux voix se rencontrent pour se demander à l’unisson : comment se construire alors ? Ce petit garçon semble être réduit à l’observation plus qu’à la parole. Il immerge totalement son lecteur dans son existence meurtrie par la pauvreté, un appartement sordide, une honte persistante et l’inceste. Mitigé entre l’envie de vivre une vie de famille épanouie et fuir, le personnage touche grâce à une écriture très portée sur les émotions. Indéniablement, ce récit pudique et très sombre est marqué par la fièvre d’une naïveté enfantine avortée. Il faut s’accrocher.

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