Les Bordes, Aurélie Jeannin

Les Bordes, Aurélie Jeannin

Les Bordes, Aurélie Jeannin – Trouble Bibliomane

Terminons le mois d’avril avec une lecture troublante aux éditions Harper Collins, peut-être même trop : Les Bordes d’Aurélie Jeannin. Je n’ai pas été emballée par ce roman, une occasion de vous expliquer pourquoi dans cette nouvelle chronique.

Les Bordes, c’est un hameau au milieu de nulle part mais c’est aussi une famille particulière, aigrie, mauvaise, et individualiste. La belle-famille de Brune, plus précisément, et ils ne l’aiment guère, elle qui ne partage pas leur sang. Chaque année au mois de juin, elle amène ses deux enfants aux Bordes pour un pique-nique en famille. Mais ce lieu est synonyme de tous les dangers pour la mère qu’elle est. Et si ses enfants tombaient dans les champs ? S’ils se coupaient sur du métal rouillé dans la grange ? Brune peut-elle réellement les protéger du monde extérieur et de la méchanceté des Hommes ?

« Il manquait un maillon pour saisir les motivations, les enclanchements et les passages à l’acte. Il y avait un néant, une sorte de monde inaccessible, dont on peut connaître l’existence mais ne même pas deviner les contours. C’était comme tenter d’imaginer quelque chose que l’on ne connaît pas, que l’on n’a jamais vu, qui ne ressemble à rien de ce que l’on a déjà appréhendé. C’était comme trouver des raisons au hasard. C’était aussi vain que d’essayer de mesurer l’éternité. »

Ce second roman de l’Aurélie Jeannin est bien particulier. Au début de ma lecture, j’ai été intriguée par la psychologie du personnage de Brune, très travaillée et profonde. J’ai compris rapidement qu’elle serait à elle seule la trame narrative de l’histoire. Cette mère éreintée par le comportement de ses enfants en bas âge peut représenter chaque parent, à une différence peut-être : une angoisse très voire trop intense la caractérise. Torturée par les dossiers morbides de son emploi de juriste, ses souvenirs d’enfance (morbides aussi…) et son besoin de protéger ses enfants à outrance, Brune nous fait doucement tourner en rond.

Cette intrigue pourtant prometteuse de la mère qui doit joindre des deux bouts entre la réalité et ses propres traumas devient petit à petit un amas de passages à vide. Le texte comporte trop de longueurs et l’atmosphère lancinante donne encore plus de poids aux phrases. Si la psychologie et la prosopagnosie (impossibilité à reconnaître les visages) sont au cœur du roman, les pensées personnelles et les angoisses ne sont pas utilisées à bon escient. Là où ça aurait pu être subtil et parcimonieux, c’est lourd et incessant. Si le but était de transmettre ces émotions au lecteur, cela n’a pas fonctionné me concernant.

Bien sûr, cela accentue le dramatique et la tragédie qui plane au-dessus des personnages, mais cela aurait été également possible avec plus d’actions, et moins de tirades alambiquées. J’ai été lassée trop rapidement et la compassion pour cette mère de famille et son passé n’a pas été au rendez-vous.

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