Le saut d’Aaron, Magdaléna Platzova

Le saut d’Aaron, Magdaléna Platzova

Le saut d'Aaron Magdalena Platzova Trouble Bibliomane
Le saut d’Aaron, Magdaléna Platzova – Trouble Bibliomane

En cette rentrée littéraire très cosmopolite sur Trouble Bibliomane, quoi de plus normal que de s’intéresser cette fois à de la littérature tchèque avec Le saut d’Aaron de Magdaléna Platzova publié aux éditions Agullo ? Zoom sur ce roman qui mêle art et histoire

Début des années 20. Berta Altmann se cherche en tant qu’artiste et tente de trouver un mouvement qui lui convient, s’il existe ! De Weimar à Prague, nombreux sont les peintres inspirants dont elle croisera le chemin, et cela jusqu’à la fin de sa vie. Des années après sa mort, une équipe de tournage israélienne s’intéresse à ses travaux et son destin de femme indépendante. Ils en déterrent des informations fracassantes.

« Vous êtes partout étranger. Derrière tout, c’est le vide qui vous fait face. Tout vous semble insensé et vous avez un terrible sentiment de culpabilité pour quelque chose sur quoi vous n’aviez absolument aucun pouvoir. Vous ne comprenez pas ce que les autres disent, pourquoi ils font les choses. »

Magdaléna Platzova livre ici un roman illustrant les heures sombres du siècle dernier, autrement dit la Seconde Guerre mondiale et la déportation des Juifs, le tout sous le prisme de l’art. De cette intrigue sensiblement sordide émerge Berta Altmann, un personnage très touchant au regard doublement ancien et moderne sur l’art. A travers cela, une quête de vérité se prépare. Elle veut se connaître, elle, les autres, et l’essence même du monde qui l’entoure. C’est à la fois beau et déroutant la façon dont l’intrigue peut prendre cette tournure si philosophique. Berta est directement inspirée de Friedl Dicker-Brandeis, enseignante d’art au camp de Terezín en République Tchèque et assassinée à celui d’Auschwitz.

Le lecteur alterne assez régulièrement entre la vie de Berta et celle de l’équipe de tournage. Il se trouve propulsé des années en arrière au cœur des plus grandes écoles d’art à peine créées, fréquente des maîtres intemporels comme Klee mais aussi Kandinsky, prend part aux débats et aux disputes mais surtout, rêve avec eux de grandeur, d’inspiration et de nouveauté. Le problème ? Les personnages sont extrêmement nombreux, voire trop. Il est plus que facile de s’emmêler les pinceaux, car les personnalités mises en valeur au sein du livre sont très rares. Différencier les personnages avec l’unique aide de leur nom devient rapidement un calvaire.

Beaucoup de passages sur l’Art sont également très élitistes et mettent en exergue de vrais sujets de niche, ce qui ne facilite pas la lecture de celui qui ne s’y connaît pas beaucoup en Histoire de l’art. Le saut d’Aaron n’en reste pas moins une intrigue forte et intéressante mais dont l’écriture et les sujets auraient nécessité une plus grande simplicité pour émouvoir davantage. 

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2 réflexions sur “Le saut d’Aaron, Magdaléna Platzova

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