Mise à feu, Clara Ysé

Mise à feu, Clara Ysé

Mise à feu Clara Ysé Trouble Bibliomane Marie Jouvin
Mise à feu, Clara Ysé – Trouble Bibliomane

Cette semaine se termine sur une chronique idéale, celle d’un coup de cœur ou devrais-je dire, mon plus grand coup de cœur de la rentrée pour le moment. Immersion dans Mise à feu, le premier roman de l’auteure et chanteuse Clara Ysé publié aux éditions Grasset.

Nine et Gaspard vivent dans une charmante maison en pleine nature avec leur mère, l’Amazone, et Nouchka, leur pie qui veille sur eux. Un soir de réveillon alors que la fête bat son plein, un incendie se déclare à l’étage supérieur et ravage le lieu. Un drame qui oblige les deux enfants à s’installer chez leur oncle, l’angoissant Lord, pendant que leur mère s’occupe des travaux. Pour pallier l’absence, ils reçoivent chaque mois une lettre de l’Amazone déroulant l’avancée des rénovations de la maison dans laquelle tout le monde se retrouvera bientôt. Mais quand ?

« Il y a des silences qui sont le signe d’un apaisement. D’autres suivent le coup lancé par un fusil dans la nuit et sont plus bruyants que la détonation qui les précède. Certains vibrent, habités par tous les sons, comme le noir est traversé de toutes les couleurs. D’autres soignent les plaies inguérissables. Et il y a le silence de l’absence. Au milieu des plus belles fêtes, celui-là est assourdissant. »

Mise à feu est un texte hors-norme dont l’originalité indiscutable l’empêche d’accéder à un genre prédéfini. C’est un mélange de tout, des drames de la vie et des joies de l’enfance, de l’inconscient qui émane et des plaies que l’on ne s’avoue pas. Nine et Gaspard, les deux personnages principaux, paraissent terriblement vivants dans cette atmosphère à l’allure onirique, ils touchent le lecteur et les autres personnages par leurs fêlures, leurs croyances et la beauté de leur âme. Les autres se transforment à leur contact, ils s’apaisent et se fascinent pour ces deux êtres. Nouchka, cette petite pie qui traverse le récit avec nous, donne des accents de légende médiévale à l’intrigue. L’oiseau accompagne les enfants dans la quête de leur mère comme le rossignol souhaite réunir les amants séparés.

L’insouciance de l’enfance portée par l’espérance d’une figure maternelle que l’on retrouve enfin est partout, dans toute son intensité. Avec les personnages, nous nous asseyons à la nuit tombée, au coin du lit, le souffle court, pour ouvrir les lettres de l’Amazone. Nous avançons littéralement avec eux, espérons pour eux, et sommes heureux ou tristes aussi. L’écriture de Clara Ysé est incroyablement poétique et cherche la musicalité entre chaque mot, chaque action. Le chant des enfants, de l’oiseau, du silence.

Tout est mélodie à travers les lignes et rappelle ô combien l’écriture et la musique peuvent si simplement s’accoupler sans apparats pour laisser place à une symphonie grandiose. Bien au-delà, Mise à feu est une réelle ode à l’amitié et aux relations qui créent une seconde famille, celle que l’on peut choisir. Clara Ysé signe ici un premier roman incontournable de cette rentrée littéraire 2021.

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