Radium Girls, Cy

Radium Girls, Cy

Radium Girls, Cy – Trouble Bibliomane

Radium Girls de l’auteure et illustratrice Cy publiée aux éditions Glénat a tout récemment été couronné du Prix Orange de la BD. L’auteure a également été remarquée en 2016 et 2018 avec ses deux tomes Le vrai sexe de la vraie vie aux éditions Lapin. D’une fibre toujours aussi engagée, cette bande dessinée met en lumière (et ce n’est pas un jeu de mots!) plusieurs destins liés et terriblement oubliés.

Lip. Dip. Paint. Lécher le pinceau, prélever la peinture, peindre le quota de cadrans de montres. Ce sont les trois actions qu’Edna Bolz, Grace, Katherine, Mollie, Albina et Quinta doivent exécuter devant les établis d’USRC. Cette peinture miracle au radium permet de lire les chiffres du cadran dans le noir. Mais rapidement, l’élément découvert par Marie Curie laisse place à la vérité : c’est un véritable poison pour l’organisme. Les ouvrières sont condamnées.

Le cas des Radium Girls a été adapté au cinéma en avril 2020 par Lydia Dean Pilcher et Ginny Mohler. Coté littérature, à la même période Cy s’empare également du sujet pour illustrer à sa manière ce pan de l’Histoire qui a souffert de l’oubli. Si l’on sait aujourd’hui que le radium est un élément très radioactif, on sait beaucoup moins que qu’il a coûté la vie à de nombreuses ouvrières qui se sont révoltées, parfois dans des états lamentables, pour mettre en lumière leur condition. Cette audace, celle de se mesurer à des entreprises au cœur d’une époque où ni l’ouvrière, ni la femme n’a un réel droit de parole devant une assemblée d’hommes, a évité la mort de nombreuses ouvrières par la suite.

Cet acte qui, il faut le dire, a été une réelle genèse du féminisme dans le monde du travail, est superbement retranscrit par Cy tout au long de la bande dessinée. On y découvre un groupe de collègues mais également des amies qui se soutiennent dans ce travail bien souvent ingrat. Elles se donnent ce qu’elles ont, c’est-à-dire beaucoup de joie de vivre pour gérer ce quotidien épuisant. Mais ce qui transperce les pages –et accable le lecteur très rapidement– c’est cette innocence, ce trop plein de confiance en leur entreprise et tout laisse poindre ce fatalisme morbide qui enserre à chaque page.

C’est un crescendo révoltant sous un trait de crayon très épuré que l’auteure et illustratrice livre ici tout en rappelant à chaque étape que cette quête vers une justice n’est pour ses précurseurs que le début de la fin. Le climat est glacial, l’hommage est mérité, et le message reste éternel.

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