On en a gros, Gomargu

On en a gros, Gomargu

On en a gros Gomargu Trouble Bibliomane Marie Jouvin
On en a gros, Gomargu – Trouble Bibliomane

Le thème du féminisme a l’avantage d’être publié sous toutes ses formes aujourd’hui. Que l’on soit plutôt essai, roman, ou simple plaidoyer, nous pouvons diffuser le sujet comme nous le souhaitons (sinon, c’est de la mauvaise foi! 🙂 ). Et dans cette cohorte de grands textes, l’illustration reste pourtant le moyen le plus simple et le plus expressif de transmission. Elle interpelle, fait sourire, sensibilise, et vise terriblement bien ce qui doit être dénoncé. On en a gros, Chroniques d’un sexisme ordinaire de l’illustratrice et auteur Gomargu publiée aux éditions Leduc Graphic annonce la couleur du haut de ses personnages en noir et blanc.

La bande dessinée de Gomargu se veut illustratrice de la société actuelle entre innombrables amalgames, préjugés, injustices et obligations qui sévissent dans la vie quotidienne en passant des inégalités salariales, du consentement à la pression sociale ou l’avortement. C’est une invitation au débat, une incitation à briser des murs et une proposition à créer des ponts.

« Refuser de voir le problème… C’est en faire partie. »

Dès la première de couverture, tout est dit : « On en a gros« . La sentence excédée trône au milieu de l’album en miroir à une société qui ferme encore trop souvent les yeux sur les inégalités entre les genres. Au-dessus, il y a le nom de l’auteure bien sûr, mais aussi celui d’Emanouela Todorova (Dis bonjour sale pute, éditions Leduc, 2021 – chronique) dont la préface est inévitablement la bienvenue et celui de Louise Giovannangeli, agente littéraire plus qu’engagée.

De préface à postface, la bande dessinée illustre avec brio et simplicité les expériences sexistes de la vie quotidienne. Une série de mises en situation qui fait froid dans le dos tant il est impossible de ne pas avoir été un jour dans la même situation ou spectatrice/spectateur d’une scène similaire. Alors d’une certaine façon, cela sonne comme une normalité extrêmement malsaine qui touche tout le monde et se dénonce à coups de micro-histoires.

Le trait de crayon de Gomargu est intensément épuré, ses personnages sont peu expressifs et cela pousse consciemment ou inconsciemment le lecteur à se tourner vers les mots, les phrases, le sens plus que l’illustration elle-même. En somme, l’essence même de l’engagement. Les personnages se ressemblent très souvent dans leurs traits ce qui accentue tout au long de la lecture cette idée d’universalité qui devrait rassembler plus que de séparer. Et si la BD crie combat et militantisme, elle pose aussi une réflexion philosophique et rhétorique indéniable : pourquoi est-il si difficile de tendre vers un monde meilleur alors que nous avons les clés pour le faire ?

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