Le goût du temps dans la bouche, Séverine Vidal

Le goût du temps dans la bouche, Séverine Vidal

Le gout du temps dans la bouche Severine Vidal Trouble Bibliomane Marie Jouvin
Le goût du temps dans la bouche, Séverine Vidal – Trouble Bibliomane

Déjà connue dans le monde du neuvième art pour l’excellent album George Sand : Fille du siècle (Delcourt) ou encore Le Plongeon (Bamboo), en ce début d’année Séverine Vidal s’est essayée pour la première fois au roman en publiant chez Robert Laffont Le goût du temps dans la bouche. Une intrigue chorale aux saveurs (puisque tout relève de cela) surprenantes.

Il y a des années maintenant que Nico s’est exilé en Suède après avoir coupé les ponts avec sa famille. Il n’y a bien que sa grand-tante, Suzanne, à qui il donne encore quelques nouvelles. Elle est cet unique lien qu’il garde avec son passé en dehors du drame qui l’a poussé loin de chez lui. A l’aube des cent ans de Suzanne, une histoire enterrée depuis plusieurs générations refait surface et se trouve être l’une des pièces cruciales d’un puzzle qui ébranlerait tout le reste.

« Je suis ça : sédiment, poudre, terre, sel, roche poreuse, sable. Je m’érode et je blanchis. Et je serai bientôt transporté par le vent, les embruns ou la lave. »

On entre d’emblée dans un roman à l’espace-temps complexe. Entre passé et présent, l’intrigue aux nombreux personnages se déroule doucement. Tout le monde a une place bien précise, une personnalité curieuse, une âme qui détonne à sa façon que ce soit physiquement ou psychiquement. Difficile de ne pas se laisser séduire par le personnage principal, Nico, un brin mystérieux, qui attise l’envie de découvrir les antécédents tragiques de sa famille et ce pourquoi il semble si fermé. Les voix et les états d’âme s’entremêlent laissant place à ce que l’on aurait pu nommer roman noir si l’aspect critique avait été de la partie.

La superposition de chaque histoire donne au corps du texte un rythme assez effréné qui captive dès l’instant où l’on comprend que tout est lié. C’est alambiqué par ces liens familiaux qui se détachent et se fortifient, un poil nostalgique par ces histoires passées qui remontent à la surface d’une eau déjà bien marécageuse et attendrissant par ces personnalités qui ont tant à nous dire sans oser le faire vraiment.

Alors le lecteur s’enchaîne à une histoire qui n’est pas forcément la sienne, des existences qui ne lui donnent pas franchement envie mais qui touchent par la beauté des émotions que suggère l’arrivée d’un drame dans une vie, la fissure qui s’élargit à la moindre secousse et ce besoin -naturel-, de découvrir la vérité avant qu’il ne soit trop tard. C’est efficace et Séverine Vidal éveille les sens de son lecteur dans ce premier roman, le goût d’une belle harmonie très certainement.

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