L’Arbre d’Halloween, Ray Bradbury

L’Arbre d’Halloween, Ray Bradbury

L'Arbre d'Halloween Ray Bradbury Marie Jouvin Trouble Bibliomane
L’Arbre d’Halloween, Ray Bradbury – Trouble Bibliomane

Et si Ray Bradbury nous contait la grande histoire de la fête d’Halloween ? Particulièrement connu pour son célèbre roman Fahrenheit 451 ou ses inimitables Chroniques martiennes, l’auteur américain sait diablement bien raconter l’étrange. Coup de chance en cette période automnale durant laquelle L’Arbre d’Halloween tombe comme une sucrerie dans une cucurbitacée.

Tom Skelton est enfin prêt pour le grand soir d’Halloween. Déguisé en squelette, il rejoint ses amis pour partir à la chasse aux friandises dans les rues de son quartier. L’excitation est à son comble quand il apprend avec tristesse que Joe Pipkin, l’un de ses plus grands amis, n’est pas dans son assiette. Le jeune garçon promet de les rejoindre plus tard et donne rendez-vous à la joyeuse troupe devant le Sinistre Repaire, la maison près du ravin où grouillent créatures et angoisses oubliées. Un voyage bien étrange à travers les âges attend les enfants à l’arrière de la bâtisse abandonnée scellant à jamais cette nuit d’Halloween dans leur mémoire.

« Ils songent à la Nuit de Tous les Saints et aux milliards de fantômes esseulés qui s’égarent dans les allées de l’Au-delà parmi les tourmentes glaciales et les vapeurs fumeuses. »

Comme à son habitude, Bradbury emmène son lecteur loin de tout ce qu’il peut lire quotidiennement et L’Arbre d’Halloween lui éveillera très certainement quelques souvenirs d’enfance. Fondamentalement onirique et se jouant volontiers des limites du réel, le récit paraît en 1972 dans une Amérique bercée par ses traditions d’Halloween, « un don ou t’es dindon », la récolte des friandises ou les déguisements effrayants et offre une place de choix à cette fête païenne longtemps décriée pour ses racines ancestrales. Des bourrasques de vent dans les arbres à la brume des nuits d’automne, Bradbury sublime tout un panorama narratif en suscitant angoisse et excitation, effroi et curiosité.

Le cœur du roman tient dans l’ultime souhait d’expliquer les origines profondes d’Halloween par la chasse aux sorcières, les guerres de religion et la sympathie que tant de gens accordent à la mort une fois par an. « Comment expliquer cette ambivalence ? » semble également questionner l’ouvrage aux deux niveaux de lecture et c’est avec une certaine joie que l’on se prête à quelques réponses métaphysiques au cours du récit. De l’Egypte au Mexique, Bradbury explore le prisme du paganisme avec brio, replaçant dans son contexte l’avènement et la fin des croyances anciennes dont quelques bribes du passé nous viennent encore aujourd’hui.

Loin du genre anticipatif dans lequel l’auteur est connu pour baigner, L’Arbre d’Halloween est un excellent conte dans lequel les valeurs de l’amitié triomphent du trépas. Ode à la vie dans son apparat le plus obscur, le roman vaut bien le gothique des nouvelles de Poe et l’intrigue haletante des romans de Lovecraft.

Références de l’ouvrage : L’Arbre d’Halloween, Ray Bradbury, traduit de l’anglais par Alain Dorémieux, Folio SF, 7,20€

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