J’aurais pu devenir millionnaire, j’ai choisi d’être vagabond, Clément Baloup

J’aurais pu devenir millionnaire, j’ai choisi d’être vagabond, Clément Baloup

Jaurais pu devenir millionnaire jai choisi detre vagabond Clement Baloup Marie Jouvin Trouble Bibliomane
J’aurais pu devenir millionnaire, j’ai choisi d’être vagabond, Clément Baloup – Trouble Bibliomane

Après Le club du suicide (Soleil), Mémoires de Viet Kieu (La Boîte à Bulles) ou encore Diables sucrés (Gallimard), Clément Baloup a adapté en bande dessinée J’aurais pu devenir millionnaire, j’ai choisi d’être vagabond, le roman d’Alexis Jenni également publié aux éditions Paulsen. Une réussite tenue de bout en bout.

L’un est écologiste visionnaire, inventeur et botaniste de renom, l’autre n’est autre que le président des Etats-Unis d’Amérique. Lorsque Théodore Roosevelt demande à John Muir de l’emmener en expédition forestière pendant trois jours, le chef d’état se laisse totalement happer par le récit que ce passionné de la faune et de la flore lui raconte et qui n’est ni plus ni moins celui de son voyage à travers le pays en pleine guerre de Sécession à la découverte des fleurs non répertoriées. Yosemite, par sa beauté à couper le souffle, sera l’ultime arme de John Muir pour convaincre le Président de l’importance de créer des parcs nationaux pour protéger cette nature luxuriante en proie à l’industrialisation.

« Laissez les enfants marcher avec la nature, laissez-les voir les beaux mélanges et les belles communions de la mort et de la vie, leur joyeuse unité inséparable, telle qu’elle est enseignée dans les bois et les prairies, les plaines et les montagnes et les ruisseaux de notre étoile bénie… Et ils apprendront que la mort est sans dard. Au final, tout est divine harmonie. »

En s’imprégnant du roman éponyme d’Alexis Jenni et des carnets de John Muir lui-même, nul doute que Clément Baloup a ressuscité un destin d’homme qui aura protégé à l’échelle planétaire un nombre incalculable d’hectares d’espaces dans lesquels ont pu évoluer (presque) en toute quiétude certaines espèces de plantes parfois endémiques et de nombreux animaux. On découvre l’inventeur sous les traits fins et détaillés d’une nature particulièrement belle à la tombée de la nuit en plein cœur d’une mangrove floridienne, dans l’extrême chaleur du désert ou dans le presque-rien d’un glacier alaskien. Les paysages offrent autant de tons que John Muir et son expression quasi-constante de philosophe tourmenté et énigmatique. Toute cette palette de couleurs esquisse dans l’album la préciosité des lieux dans lesquels l’Homme évolue, sa vulnérabilité et sa force, sa grandeur et son vertige.

Agrémentée de nombreux passages narratifs aussi bucoliques que poétiques, la bande dessinée est un réel voyage dans le temps aux prémices d’un engagement écologique bien trop fragile face aux gains constants de l’industrialisation américaine. Les premières réflexions naissent fébrilement sous l’impulsion de certaines voix. Elles seront pourtant le moteur d’un mouvement qui tombera peu à peu dans une nécessité absolue d’harmonie entre les dons de la Terre et la main de l’Homme. Il est des rencontres qui changent la face du monde, celle entre John Muir et Théodore Roosevelt en faisait indéniablement partie.

Références de l’ouvrage : J’aurais pu devenir millionnaire, j’ai choisi d’être vagabond, Clément Baloup, éditions Paulsen, 104 pages, 21 euros

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