L’Aiguilleur, Bertrand Schmid

L’Aiguilleur, Bertrand Schmid

L’Aiguilleur, Bertrand Schmid – Trouble Bibliomane

Alors que ce début de semaine s’annonce ensoleillé, c’est dans le grand froid de Sibérie que je vous projette avec L’Aiguilleur, le dernier roman de Bertrand Schmid publié aux éditions Inculte dont je chronique pour la première fois un ouvrage.

Vassili est aiguilleur en Sibérie, un métier difficile par les températures extrêmes auxquelles il faut se soumettre, mais surtout, il est définitivement seul au monde. Ou presque. Alors que Staline accélère les déportations vers les camps, Vassili découvre une série de lettres tombées d’un train. Sa capacité de lecture est approximative mais il veut percer le secret de ces écrits, persuadé qu’ils ont quelque chose à lui dire.

« Pendant les premiers temps de la marche, il la guettait, la berceuse des fers. Et la mélodie se déroulait , claquement, claquement, on expirait, claquement, claquement, on expirait, bouche entrouverte pour n’en laisser sortir qu’un fredonnement. « Tu vois, c’est l’moment où qu’on quitte le monde. » »

Ce nouveau roman de Bertrand Schmid percute le lecteur par son personnage principal et la difficulté de sa vie tout en le téléportant un siècle en arrière. Le destin de Vassili est aux antipodes de ce que l’on connaît : le froid extrême lacère ses poumons chaque jour, la solitude est sa plus fidèle amie, la confiance ne doit se donner à personne et la mort guette le travailleur à chaque coin de forêt. D’une plume à la fois poétique et dramatique, l’auteur laisse entrer en toute omniscience son lecteur dans les pensées de ce personnage asséné par la nostalgie d’un amour perdu et celle d’un temps qui ne reviendra jamais.

La lecture des lettres, élément salvateur, donne un tournant assez improbable aux longues nuits sibériennes, permettant à Vassili de comprendre les démons de son passé à travers les histoires des autres. C’est également une belle ode à la lecture, cette histoire d’homme presque illettré qui creuse dans sa mémoire lointaine pour comprendre ces lettres. Il se les accapare comme on lirait un livre, il s’évade comme on s’approprierait une histoire.

Malheureusement, mis à part quelques passages intéressants, je n’ai pas su m’imprégner de cette intrigue. Mes émotions ont été perdues dans les actions bien trop brèves de ce roman. Je ne suis pas attachée à ce personnage, ni à l’atmosphère trop quelconque qui ne rend malheureusement pas ce roman contemplatif.

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