L’Odeur du café, Dany Laferrière

L’Odeur du café, Dany Laferrière

L'Odeur du café Dany Laferrière Trouble Bibliomane
L’Odeur du café, Dany Laferrière – Trouble Bibliomane

Langueur, quiétude, pluie battante de l’été… Voilà des facteurs adéquats pour se plonger dans L’Odeur du café écrit par le célèbre auteur canado-haïtien Dany Laferrière et publié aux très jolies éditions Zulma en 1991. Si vous cherchiez encore le dépaysement total, il pourrait bien se trouver entre les pages de ce livre.

Da est une grand-mère intrigante, passionnante et pleine de sagesse. Ce qu’elle aime particulièrement dans la vie ? Le café des Palmes et son odeur enivrante. Elle apprécie aussi le partager avec de nombreux voisins à Petit-Goâve, alors il ne tient jamais très longtemps. Elle le boit sur sa galerie pendant que son petit-fils l’observe. Il a dix ans et c’est l’été 1963, le temps est suspendu.

« Le bruit de la pluie qui vient de loin : un grondement. Le ciel clair devient brusquement sombre. La pluie arrive. Zette ramasse vite son linge. Le bruit sourd se rapproche. Da a l’air heureuse. D’où vient, quand il pleut, cette envie folle de manger de la terre ? A cause de son odeur, sûrement. Au début, on ne sent rien. Puis quand la pluie commence à tomber, l’odeur monte. L’odeur de la terre. »

Lorsque l’on ouvre ce roman, on peut déjà sentir le vent humide des îles, l’odeur de la mangue bien mûre et celle du café des Palmes. C’est doux et relevé à la fois, comme l’écriture de Laferrière. Le narrateur, qui n’est d’autre que l’auteur lui-même, raconte son enfance en Haïti. C’est d’un style incroyablement détaillé qu’il narre la simplicité de l’existence à Petit-Goâve, le manque d’argent et pourtant le bonheur vrai. Les ragots de village, les premiers amours, la mort et la multitude de bêtises enfantines illustrent aussi ce tableau tropical.

Mais ce qui réside en maître à travers cette écriture, c’est l’indéfectible amour filial, celui d’un petit garçon pour sa grand-mère, curieux de cette ainée qui semble avoir tout vécu, tout vu, tout entendu. Chaque regard transpire un respect plus fort que tout, et une certaine peur, peut-être, de ne pas être à la hauteur de ce pilier familial. Ce village où croyances et faits divers vont bon train est terriblement attachant par son coté nature, il illustre parfaitement la douceur des jours d’été qui passent, l’instant présent, l’ultime moment de quiétude avant la tombée de la nuit, les peurs nocturnes de l’enfance et la présence rassurante des adultes que l’on aime.

L’Odeur du café, c’est tout cela, les détails de l’enfance que l’on n’oublie jamais et la nostalgie d’un temps révolu. Un livre contemplatif et magistral.

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3 réflexions sur “L’Odeur du café, Dany Laferrière

  1. Merci pour la découverte, pendant que je buvais une tasse 🙂 hésites pas à venir faire un tour sur mon site Intel-blog.fr et à t’abonner si ça te plaît 😀

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